Les brèves
LE THEATRE DES COURANTS D’AIR par Alain Le BONLe théâtre des courants d’air c’est l’expression populaire pour désigner toutes les formes de spectacle, mais aussi d’intervention (camelots, charlatans) qui se sont exprimés dans la rue. La marionnette populaire s’est nourrie de cette rue, de son vocabulaire, de ses badauds prêts à rire de tout, elle a représenté leus aspirations, leurs contestations . Le réverbère a éclairé cet art éphémère, le trottoir a été son tréteau, le caniveau lui a donné ses mots. Badaud, tes rires lui ont donné des ailes ! Polichinelle, Pantagruel, Pantin cruel ! Tête de bois hors du temps, éternel pourfendeur des gendarmes et des valeurs, tu nous rappelles que ce monde est vieux et comme un vieillard que sa moralité devient rigide quand le reste ne l’est plus ! La marionnette » parole qui agit « a offert aux mots leur espace de jeu, leur cour de récréation, dans un carnaval sans masque, ils ont retrouvé leur véritable sens : Ludique et contestaire ! Bruits de rue, la multitude, la différence sont ta musique, tes odeurs, et pet sur la terre aux hommes de bonne volonté ! Le carrefour de tes humeurs toujours changeantes invite au rire franc et moqueur, au rire dévastateur où l’on boit à gorge déployée les brèves de trottoir. Approche naive et réaliste d’un public souvent exclu parce que prêt à ne s’abonner qu’aux rèves. Ponctué par les rires des passants, ces boulimiques de l’instant, hors du castelet, à travers l’éphèmère du temps et de l’espace devenus tragi-comiques, artistes-artisans,des hommes montrent leur savoir faire avec l’humilité des courants d’air, emportant dans leur voyage, pour tout remerciement, mêlé à quelques pièces de monnaie, le cri pesant mais génèreux des vrais bravos. Je vous salue ma rue ! |